

Alors que le rendez-vous en Croatie, pour le 2e tour des barrages, est encore loin, Paul-Henri Mathieu est en train de construire un groupe uni et plein de caractère en équipe de France de Coupe Davis. On peut affirmer qu’il y a du "matos" pour atteindre le final 8 de Bologne.
La Coupe Davis a vécu un premier tour de 'Qualifiers' assez animé en Belgique et au Danemark. En France, face au Brésil, ce fut plus soft avec un score acquis dès le double. Mais avec la formule de deux tours sur le mode 'home and away', c’est le retour de la stratégie. Comme les Croates sont venus en France en 2018 chercher le Saladier d’Argent à Villeneuve d’Ascq, ils auront la chance de recevoir en septembre prochain. Avec le choix de la surface.
"Les cartes sont entre leurs mains", a glissé Paul-Henri Mathieu dimanche en conférence de presse. On ne sentait pas le capitaine tricolore torturé par le choix de ses futurs adversaires. Cette rencontre face à un Brésil assez faible, reconnaissons-le, a démontré que les Bleus possédaient du matériel. Peu de pays peuvent se vanter de posséder trois joueurs du Top 30. Les Croates vont bien analyser la situation avant d’opter pour la terre battue extérieure ou du dur indoor, comme en 2016, à Zadar lorsque la bande à Yannick Noah s’y était cassée les dents.
Sur la continuité de son parcours à Bercy, Ugo Humbert a prouvé qu’il jouait Top 10 en indoor. Quant à Arthur Fils et Giovanni Mpetshi Perricard, ils ont gagné des tournois ATP sur ocre.
Mais le rendez-vous en Croate est encore très éloigné. Ce qui est tout aussi intéressant, c’est la naissance d’un groupe. On a bien senti, tout au long du week-end orléanais, qu’Arthur Fils était ravi de retrouver son 'bro' Gio. Dimanche soir, il a même voulu abréger le passage de son ami dans Bartoli Time pour l’emmener faire un 'paquito' avec les supporters de l’équipe de France.
Le bizutage de Mpetshi Perricard dit beaucoup de choses
A 33 ans, Pierre-Hugues Herbert en a connu des rassemblements. Mais il a été séduit par la personnalité de Giovanni Mpetshi Perricard. "Ca circule bien là-haut", soulignait-il. "Pour être tout à fait honnête, il a fait une première remarquable, Il a été esprit tout au long de la semaine. Mais il a commis une petite sortie de route, il n’a pas accepté qu’on s’occupe de sa chambre."
Comme il l’a révélé dans Bartoli Time, le grand Gio a retrouvé le lit de sa chambre d’hôte sans matelas. Il a voulu 'enfumer' les coupables à l’aide d’un extincteur. "C’est le premier en 70 ans qui a voulu un droit de réponse. Il faut l’accepter. C’est la nouvelle génération, il faut s’adapter", a noté Pierre-Hugues Herbert.
Si l’on ajoute l’échauffourée entre Arthur Fils et le Brésilien Thiago Seyboth Wild, on s’aperçoit que ces nouveaux Bleus ont du répondant. "Ce sont des joueurs de caractère", approuve Paul-Henri Mathieu. "Il en faut pour aller chercher des matches décisifs." Le capitaine va profiter des mois à venir pour travailler sur son équipe de double.
"J’étais persuadé que Pierre-Hugues et Benjamin (Bonzi) pouvaient bien jouer ensemble. Maintenant, c’est ouvert, il y a beaucoup d’autres paires possibles." On pense à Fabien Reboul et Sadio Doumbia, qui évoluent sur le circuit et qui montent bien au classement. Mais il manque un gros résultat aux Toulousains dans un gros tournoi. En tout cas, Benjamin Bonzi et Pierre-Hugues Herbert ont saisi le message. Ils ont demandé une wild-card pour l’Open 13, la semaine prochaine à Marseille…